Bienvenue sur le blog de l'Eglise de Corny
Ce blog est consacré à l'Eglise paroissiale de la Sainte-Trinité de Corny dans l'Eure, village de la commune nouvelle de Frenelles en Vexin, à son patrimoine, son histoire et celle du village. Il est animé par l'AALEC ; Association pour l'Animation de L'Eglise de Corny.
lundi 4 mai 2026
Courte et tragique histoire du maquis de Corny
![]() |
Tract de la France Combattante parachuté |
C'est en 1943 qu'un maquis fut organisé dans les bois de Corny, pour quelques mois seulement, avec une fin bien tragique.
A l'origine, deux organisations résistantes - Vengeance, basée à Rouen et l'OCM, Organisation Civile et Militaire des Andelys - créèrent un premier maquis destiné à regrouper des combattants pour préparer l'arrivée des alliés. Il fut constitué au Val Saint Martin, dans des grottes sur la falaise qui surplombe la Seine, au lieu dit du "Moulin de la folie". Suite à une dénonciation, les maquisards durent quitter précipitamment leur cachette, et certains se réfugièrent dans des bois près de Corny.
Un nouveau maquis se constitua alors, baptisé "France libre", et situé dans le bois de la Charbonnière, à la sortie de Corny, sur la route qui mène à Fresne l'Archevêque. Marcel Dubois, maire de Corny, alors membre de l'état major départemental de l'organisation OCM, sous l'alias Colonel Delouvain, alimenta en eau et en vivres le nouvel abri, constitué d'une cabane de feuillage et de branchage construite dans un trou d'où l'on extrayait autrefois les silex pour la réfection des routes.
| Le bois de la Charbonnière à Corny |
La direction du Maquis fut confiée à Maurice Langlais, natif de Rouen, membre du réseau Vengeance, au parcours pour le moins compliqué et insolite pendant la guerre. En effet, après avoir œuvré dans le réseau Vengeance à Rouen, et publié un journal résistant clandestin "Honneur et Patrie", il rejoignit la très pétainiste LVF (Ligue Française des Volontaires contre le bolchévisme), afin, selon lui, d'entraver la propagande allemande. Il quitta cette organisation en volant du matériel lui permettant ensuite d'imprimer son journal. Fin 1942, alors qu'il était poursuivi par la Gestapo, il partit en Allemagne pour le STO (Service du Travail Obligatoire), d'où il aurait permis l'évasion de prisonniers français, sans jamais être inquiété par les autorités. De retour en France, il reprit contact avec le groupe Vengeance qui lui confia la direction du maquis de Corny : il se baptisa alors "Tigre pensif" et s'attribua lui même le grade de Général.
| Localisation approximative du maquis, d'après les indications de Jean Erisay |
On ne connaît pas précisément la durée exacte de la brève existence du maquis, ni les actions menées par ses membres. Elles consistaient souvent et d'abord à préparer les assauts des alliés contre l'occupant lorsque le débarquement aurait lieu : formation militaire, vol d'armes et de munitions, sabordages divers, etc. Au quotidien, les maquisards pouvaient saboter les pieux anti parachutes que les allemands installaient un peu partout dans les champs, ou encore, comme ce fut le cas le 11 novembre 1943, placer des drapeaux français ou des fleurs sur les monuments aux morts des villages pour commémorer la victoire de 1918 contre les armées allemandes.
![]() |
| Bon émis par Maurice Langlais alias Tigre pensif en 1943, conservé par Jean Erisay |
Langlais décida pour financer le maquis d'émettre des bons d'"emprunt national pour la libération" que des résistants aux alentours pouvaient proposer et vendre aux sympathisants. Des fonds furent ainsi collectés, que Langlais dépensa rapidement en fêtes à Paris, où il se rendait avec quelques membres du maquis. L'inaction du maquis, la longue attente du débarquement des alliés, les malversations de Tigre pensif démotivèrent les troupes et un premier maquisard quitta le maquis a l'automne 43. De nombreuses arrestations intervinrent parmi les membres du groupe Vengeance peu après, qui menacèrent encore sa survie.
En novembre, deux jeunes hommes veulent partir : Roger Guignard et son camarade Fleury Aimé Lefebvre, né en 1925 à Sallaumines, dans une famille de mineur du Pas de Calais. Fleury Lefebvre est l'ordonnance du Tigre pensif et donc le premier témoin de ses manquements. Il semblerait qu'outré par les comportements de son chef, il ait voulu quitter le maquis de Corny pour s'engager ailleurs.
Langlais les fit arrêter et tint un conseil de guerre le 20 novembre 1943, qui condamna les deux "déserteurs" à mort. La condamnation de Roger Guignard ne fut pas appliquée, le jeune homme ayant dit vouloir de gagner Londres pour continuer la lutte. Mais Fleury Lefebvre, lui, âgé de 18 ans seulement, fut exécuté le jour même par des membres du maquis sur les ordres (mais en l'absence) de Langlais dans le bois de Corny. Les circonstances de son exécution furent tragiques, ses anciens camarades devenus bourreaux devant s'y prendre à plusieurs fois pour le tuer. Son corps sera retrouvé par un enfant du village, Jean Erisay, alors âgé de 12 ans, le 30 août 1945, près de deux ans apres sa mort.
![]() |
| Extrait du registre d'état civil de Corny relatant la découverte du corps de Fleury Lefèbvre |
Brigitte Garin dans son livre "Une famille normande dans la tourmente nazie" cite le témoignage d'une habitante, Germaine Hayet, sur ce drame : "Le pauvre gosse, un ch'timi du nord, n'était pourtant pas dangereux. Il ne cessait de dire en pleurant "Je veux retourner chez mi ! Je veux retourner chez mi !". Mais de crainte qu'il ne dénonce le camp, l'un des maquisards le tua froidement.". Monsieur Jean Erisay, qui découvrit, enfant, le corps du jeune Lefèbvre en août 1945, racontait lui aussi que le jeune homme avait été exécuté de peur qu'il dénonce les maquisards. Alors qu'il est plus probable qu'il fut exécuté parce qu'il refusait de cautionner les agissements malhonnêtes de son chef.
Peu après l'exécution tragique du jeune maquisard, Langlais quitta la région pour diriger un nouveau maquis en Seine et Marne, sans oublier de prendre avec lui ce qui restait de l'argent récolté pour financer le maquis de Corny... Il entra alors en concurrence avec un autre maquis sur place et finit chassé de la région. Sa compagne, Ginette Doyen, fut arrêtée par des maquisards et leur aurait déclaré être membre de la Gestapo, comme Langlais, ce qui lui valut d'être fusillée.
Maurice Langlais s'en sortit lui, on ne sait pas comment ; il passa devant un tribunal d'Evreux en 1947 pour une simple escroquerie, puis on perd sa trace jusqu'à son arrestation à Rouen en avril 1949 et la plainte déposée par Auguste Lefebvre, père de Fleury, pour assassinat. Son procès se tient finalement aux assises de l'Orne à Alençon, le 19 novembre 1952.
Poursuivi pour complicité d'assassinat, vols et escroqueries, il fut condamné le 21 novembre 1952, 9 ans presque jour pour jour après l'exécution du jeune Fleury Lefebvre, à 15 ans de travaux forcés et à l'indignité nationale. Il mourut à Sotteville les Rouen en 1981.
![]() |
| L'Impartial du 29 novembre 1952 relatant le verdict du procès |
Cet article est dédié à la mémoire du jeune maquisard Fleury Lefebvre (1925-1943)
jeudi 23 avril 2026
Des nouvelles de la rénovation en cours...
Première étape ce jour là, le retour du Christ en poutre de gloire, et du lutrin. Le Christ avait perdu sa polychromie d'origine et souffrait de quelques manques à certains endroits : clous, orteils, nez, ... (voir ici et ici son état avant travaux). Le Christ a maintenant retrouvé ses couleurs d'origine, et tout indique qu'il provient du même atelier de sculpture que celui de la Sainte-Vierge et du Saint-Saens présents sur les retables latéraux.
Le lutrin quant à lui gardait les traces d'une rénovation antérieure, et avait souffert de la vrillette qui avait attaqué ses pieds (voir ici et ici son état avant travaux).
Les voici de retour à leur place dans l'église :
mercredi 22 avril 2026
Des nouvelles de notre association
L'assemblée générale de l'association s'est tenue le samedi 12 avril 2026 dans l'église.
Vous pouvez prendre connaissance de son compte-rendu ici.
Parmi les projets de l'année 2026, l'association reste mobilisée sur la fin des travaux de restauration du mobilier de l'église. Cette fin de travaux donnera lieu à une inauguration qui sera l'occasion de remercier les financeurs de ces travaux, en premier lieu la Commune de Frenelles en Vexin, la DRAC et, via la Fondation du Patrimoine, les généreux donateurs individuels dont les dons ont dépassés toutes nos attentes.
Rendez-vous en 2026 pour 3 nouveaux concerts et de beaux moments de convivialité autour de notre église !
samedi 11 avril 2026
La restauration du Maître-autel se poursuit...
M. Siuan Calendri nous a envoyé cette semaine les dernières photographies des travaux de restauration des toiles peintes du maître-autel :
On voit d'abord sur ces deux photographies de Jésus et de Dieu le Père pendant l'opération de nettoyage des vernis anciens ; les couleurs d'origine réapparaissent peu à peu...
Plus spectaculaire encore le tableau central de l'Annonciation en fin de restauration, et qui apparaît dans toute la luminosité et la puissance de ses couleurs. Cette photographie est à comparer avec celle que nous avions publiée ici avant les travaux.
Merci à Siuan Calendri de partager avec notre association et à travers nous avec tous les généreux donateurs l'avancée de ses travaux.
dimanche 1 février 2026
L'Annonciation retrouve ses couleurs...
Voici quelques nouvelles du maître-autel et du tableau central, "L'Annonciation" (voir cet article). Le tableau est aux bons soins de l'atelier de Siuan Calendri, qui nous a transmis quelques photographies de la restauration en cours, qui permet déjà de révéler les couleurs d'antan du tableau.
Grâce au décrassage de la surface et à l'allègement ou au dégagement des repeints qui ont recouvert, lors de restaurations passées, des parties abîmées ou lacunaires de la peinture d'origine, celle-ci refait surface et ses couleurs vives revoient le jour !
![]() |
| L'Ange Gabriel reprend peu à peu ses couleurs et la précision du dessin nous apparaît à nouveau... |
Les vues ci-dessous de détails avant et après l'intervention de nettoyage sont édifiantes quant à la métamorphose qui s'opère !
Ces premières étapes de la restauration nous laissent entrevoir combien le tableau en sera transformé lorsqu'il réintègrera l'église, comme ayant retrouvé sa prime jeunesse des années 1680 - 90...
lundi 26 janvier 2026
Des nouvelles de la famille de Beaumont...
Cette carte postale du château de Corny est assez commune et on en trouve régulièrement en vente sur les sites internet de collectionneurs. Celle-ci n'a pas fait exception, et si son état n'est pas excellent, la correspondance au dos nous permet d'évoquer un habitant de Corny. Il s'agit de Lucien de Beaumont, homme de lettres, qui habita le château de Corny de 1904 à 1908 (voir cet article). La carte est une correspondance de l'un des fils de Lucien de Beaumont, Gaston Jacques (il signe Jack au bas de la carte), qu'il adresse à son père le 28 novembre 1918 depuis... Quimper, et non Corny comme on aurait pu le penser.
En fait cette carte a été envoyée 6 ans après le départ de la famille de Beaumont de leur résidence secondaire euroise. On peut supposer qu'à l'époque où ils habitaient le château, ils avaient acheté plusieurs exemplaires de cette carte montrant leur propriété. Cette famille vit en effet principalement à Paris, où Lucien Saint-Paul, né le 19 octobre 1844, qui se fera appeler plus tard Lucien de Beaumont puis Lucien Saint-Paul de Beaumont, écrit dans plusieurs grands quotidiens (Le Figaro, Le Gaulois) des chroniques principalement scientifiques, parfois sous le pseudonyme de L'Académicien d'Etampes. En 1888, il devient père pour la première fois de son fils Jean puis, en 1889, de Gaston Jacques, tous deux nés de son union avec Anne Louise Courdurier, union qu'ils n'officialiseront à la mairie du XVIIIe arrondissement de Paris qu'en 1922.
On ignore pourquoi Gaston Jacques de Beaumont écrit à son père de Quimper alors qu'il a, d'après des documents militaires conservés aux Archives de Paris, rejoint son régiment début août 1914 au 27e régiment de dragons.
Pendant la 2nde guerre mondiale et l'occupation du pays par l'Allemagne nazie, il est résistant civil actif au sein du Comité de Libération de son département, qu'on imagine être la Seine, à moins qu'il ne s'agisse du Lot où il est finalement arrêté le 12 mai 1944. Il part de la Gare de l'Est à Paris pour le camp de concentration de Dachau le 18 juin 1944, alors que les alliés ont déjà débarqué. Il y arrive le 20 juin 1944, est transféré au camp de Flossenbürg le 20 juillet 1944. Après un examen médical par un médecin SS, il est affecté au Kommando d’Hersbruck, dépendant de Flossenbürg le 25 juillet. Il y décède le 12 octobre 1944.
samedi 10 janvier 2026
Travaux dans l'église, la suite
Jeudi 8 janvier 2026, l'entreprise Giordani est venue dans l'église de Corny pour y démonter le Christ en poutre de gloire, qui est parti pour sa restauration bien méritée. Bientôt le lutrin et le Saint-Louis rejoindront le même atelier pour se faire une nouvelle jeunesse...
![]() |
| (c) Photographies de Bruno Valentin |
Rappelons que ces travaux sont rendus possibles grâce à la mobilisation de la commune de Frenelles en Vexin, de la DRAC, et de nombreux et généreux donateurs anonymes qui, grâce à la Fondation du Patrimoine (la collecte continue), contribuent à la mise en œuvre de cette sauvegarde de notre patrimoine.
MERCI !
mardi 30 décembre 2025
Concert de noël
Le 20 décembre dernier se tenait dans l'église de Corny le désormais traditionnel concert de Noël, avec cette année l'ensemble "Esprit Gospel" dirigé par Jacky Weber. L'église illuminée et chauffée pour l'occasion a fait le plein d'un public ravi par l'atmosphère festive de ce concert !
![]() |
| (c) Photographies de Pascal Bernard |
Toute l'équipe de l'AALEC vous donne rendez-vous en 2026 pour de nouveaux moments de convivialité et de culture !
dimanche 16 novembre 2025
Début des travaux de restauration du maître autel de la Sainte Trinité
Nous en parlons depuis des mois, ces travaux sont à l'ordre du jour des réunions de notre association depuis des années, et enfin, depuis samedi 15 novembre 2025, les travaux de restauration du mobilier de l'église de Corny ont commencé.
C'est le maître autel qui va d'abord faire l'objet des soins du restaurateur Siuan Calendri, qui est venu samedi 15 novembre démonter les toiles avec l'aide d'habitants du village pour les emporter dans l'atelier où ces œuvres vont retrouver leurs couleurs et éclat d'antan...
Voici quelques photographies de ce début prometteur de la campagne de restauration.
![]() |
| L'échafaudage est monté... |
| ||
| son cadre est remonté sur le maître autel... |
![]() |
| ...tandis que la toile est précautionneusement emballée et emportée vers l'atelier. |
Ces travaux sont rendus possibles grâce à la mobilisation de la commune de Frenelles en Vexin, de la DRAC qui subventionne une partie des travaux, et des généreux donateurs qui, grâce à la Fondation du Patrimoine (la collecte continue), contribuent à la mise en œuvre de cette sauvegarde de notre patrimoine.

























.jpg)


