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jeudi 7 novembre 2019

Hommage à Gaston Prelle

Parmi les documents conservés dans les archives de la mairie de Corny, se trouvent deux notes manuscrites concernant un soldat de la guerre 14-18 : Gaston Prelle. Le premier papier a sans doute été punaisé sur un tableau d'affichage, comme en témoignent les trous à chaque angle de la feuille et les couleurs un peu passées : 

Il s'agit de deux citations de ce soldat qui, bien que n'étant pas natif du village, y résidait au moment de son incorporation. 

Citation du soldat Gaston Prelle 1914-1918 Corny EureCitation à l'ordre de la 88e division n° 69 du 17 octobre 1915
Prelle Gaston affecté sur sa demande à une batterie de tranchée et proposé les 25 et 26 septembre 1915 au transport des munitions à travers les boyaux a par son énergique initiative et son ascendant sur ses camarades fortement contribué à assurer le ravitaillement de sa batterie sous un bombardement violent et prolongé.
Comptait antérieurement une blessure de guerre.

Citation à l'ordre du régiment n°28 du 8 novembre 1917
Prelle Gaston téléphoniste courageux et plein d'entrain donnant chaque jour de nouvelles preuves de ses qualités militaires s'est encore distingué pendant les opérations des 23 et 26 octobre 1917.

En octobre 1915, la guerre de position a démarré, et c'est l'organisation des tranchées qui fait l'actualité de cette année de guerre où les deux lignes de front se font face et évoluent bien peu. C'est semble-t-il dans cette nouvelle organisation de ravitaillement des tranchées que le jeune soldat (il a tout juste 22 ans) s'est illustré. Les opérations du 23 et 26 octobre 1917 font elles sans doute référence aux violents combats autour du Fort de Malmaison, sur le Chemin des Dames, dans l'Aisne.

Un deuxième document fait état d'une troisième citation : 

Citation du soldat Gaston Prelle 1914-1918 Corny Eure
Extrait de l'ordre n°109, 20e corps, 39D

28 juillet 1918

Brigadier téléphoniste modèle de bravoure et d'un dévouement sans borne, s'est dépensé sans compter pour assurer la liaison entre la batterie et le groupe pendant un violent bombardement et pour organiser son service dans des conditions particulièrement délicates et malgré de très nombreuses ruptures de lignes.

Cette troisième citation fait peut-être référence aux combats qui virent l'armée française repousser les allemands au nord de la Marne : le 20e corps d'armée était en effet positionné aux environs de Vierzy dans l'Aisne entre le 18 juillet et le mois de septembre 1918.

La famille Prelle était originaire de Paris, où Gaston était né le 12 octobre 1893. On trouve mention des parents de Gaston, Jules et Amélie Prelle, sur les recensements de Corny de 1911, 1921 et 1926 et sur les registres de contributions foncières des années 1915 à 1932 ; ils tenaient un café - épicerie dans le village, situé dans la maison qui propose aujourd'hui un hébergement "Gîte de France", rue du Pâtis.

Sur la fiche militaire de Gaston Prelle, il est indiqué que celui-ci résidait à Corny au moment de son incorporation, le 2 août 1914 et de sa libération, le 2 septembre 1919. Gaston Prelle était garçon boucher puis aide-tuyauteur. Il repartit vivre à Paris dès 1921. La dernière mention sur sa fiche militaire fait état de sa réintégration à sa subdivision le 14 septembre 1944 ; il avait alors 51 ans. Gaston Prelle épouse Marthe Brancourt à Paris en 1931, il décède le 21 février 1966 aux Andelys.

carte postale ancienne la vie au front (c) inconnu

dimanche 3 novembre 2019

Chronique judiciaire, Corny, 1818

photo du bois de la charbonnière Corny 27


Le village de Corny est bordé à l'ouest de jolis vallons boisés ; il s'agit notamment du bois de la Charbonnière qui marque la frontière avec Mussegros d'un côté et Fresne l'Archevêque de l'autre. On trouve dans les registres des conseils municipaux de la mairie une mention de ce bois dans des circonstances bien particulières, qui nous rappellent qu'un maire de village était le premier interlocuteur de ses habitants en matière de police et de justice... 

« Le 3 octobre l'an mil huit cent dix-huit sur les deux heures après midi (...) est comparue la femme de Joseph Mulot de cette commune, laquelle nous a déclaré que le jeudi premier octobre qu'elle et sa fille étaient dans le bois de Monsieur Melissent que l'on nomme la Charbonnière pour couper du bois sec. Le Sieur Alexandre Grimaux garde des bois de Monsieur Melissent l'a vüe et lui a demandé qu'est-ce qu'elle faisait là. Elle lui a répondu qu'elle rammassait du bois sec. 

En même temps, le sieur Alexandre Grimaux lui a donné un coup de poing qui l'a jetée par terre et la roulée de coups de pieds entre autre un coup de pied qui lui cause beaucoup de mal vu que cette femme se dit enceinte. Je lui ai demandé si elle avait des témoins elle m'a dit qu'il y en avait plusieurs femmes dans le bois et lorsqu'elles ont entendu jurer et tempêter elles se sont sauvées, il n'est resté que la femme et la fille de Dominique Gateleau de cette commune qui l'a vue frappée. 

J'ai envoyé chercher les deux témoins et les ai interrogées sur ces faits. La fille de Dominique Gateleau âgée de sept ans nous a déclaré qu'elle avait vu Alexandre Grimaux donner un coup de poing à la femme de Joseph Mulot et qu'il l'avait jetée parterre et qu'il lui avait donné plusieurs coups de pieds dans le ventre. J'ai fait la même demande à la femme de Dominique Gateleau . Elle nous a déclaré qu'elle avait vu Alexandre Grimaux donner un coup de poing à la femme de Joseph Mulot et qu'elle avait tombé parterre et l'avait roulée à coup de pied dans le ventre et dans les côtés dans le bois de Monsieur Melissent appelée Charbonnière. 

Je lui ai demandé s'il n'y avait pas d'autres femmes dans le bois et m'a dit qu'il y en avait d'autres mais qu'elles s'étaient sauvées quand elles ont entendu jurer. En conséquence nous avons donné acte de cette déclaration dont copie sera adressée à Monsieur le procureur du Roy ou à son substitut.

A Corny ce jour mois et an que dessus.
»

Corny eure Carte des environs de Paris dressée avec le concours du Touring-Club de France Les Andelys  1911 - détail (c) BHVP
Carte des environs de Paris dressée avec le concours du Touring-Club de France Les Andelys  1911 - détail (c) BHVP

vendredi 18 octobre 2019

L'école est finie !

affiche application de la loi enseignement primaire obligatoire (c) Min de l'Éducation nationale
En ce début de vacances scolaires, voici un billet qui va nous ramener au temps où l'école de Corny officiait encore, avec un instituteur ou une institutrice à demeure, résidant dans la maison accolée à la mairie. On trouve mention de l'école dans les registres de la Mairie dès 1830. Toutefois, il faut attendre la loi du 28 mars 1882 de Jules Ferry qui rend l'enseignement primaire obligatoire pour que les maires se voient attribuer une nouvelle fonction : celle de vérifier que tous les enfants de la commune sont bien sur les bancs de l'école. Et de convoquer les parents si ce n'est pas le cas... Le 21 décembre 1922, le Maire de Corny, Marcel Dubois, réunit donc la commission scolaire du village pour entendre les parents dont les enfants ne fréquentent pas l'école. Voici le compte rendu de ces auditions, tiré des registres du conseil municipal de l'époque...

Le vingt et un décembre [1922] à dix heures du matin les membres de la commission [scolaire] se sont réunis à la mairie. M. le Maire donne connaissance de la liste des élèves manquants. La commission a entendu les explications des parents : Mme Girieux née Rochette dit qu'elle n'envoie pas sa fille en classe vu que l'institutrice n'apprend rien aux enfants et qu'elle a besoin de sa fille pour garder ses jeunes enfants pendant qu'elle travaille elle-même et que son fils Emile ne va pas en classe vu qu'il ne voit pas clair. Mme Besson-Bernoville se plaint que ses enfants n'apprennent rien et que l'école n'est pas suffisamment chauffée et que Mme l'institutrice emploie son garçon à faire certains travaux en dehors de l'instruction. Mme Labbé Denesle prétend que son fils est sourd et ne peut rien apprendre. Mme Besson Georgette née Rochette prétend qu'elle n'envoie pas sa fille à l'école parceque l'institutrice n'apprend rien aux enfants. Mme Bellenger prétend exactement la même chose. Madame Mabire prétend que sa fille n'apprend rien, que Mme l'institutrice occupe sa fille à écosser des fèves et autres ouvrages. Mme Denesle Pailler prétend qu'elle ne peut se passer de son aîné pour garder ses jeunes enfants afin de pouvoir travailler au dehors, elle se plaint que Mme l'institutrice ne surveille pas les enfants et que ses enfants déchirent leurs vêtements et qu'elle n'a pas le moyen de les vêtir convenablement. Monsieur Mercier prétend que sa nièce ne fréquente pas l'école vu que Madame l'institutrice ne leur apprend rien, que Madame l'institutrice s'absente souvent de la classe vu qu'elle donne ses soins à ses petits enfants (personnels)(...)
Les membres de la commission dans les conditions où se font les classes à Corny, le peu de surveillance de Mme l'institutrice, ses absences fréquentes et son peu d'énergie ne prennent aucune rigueur à l'égard des parents, les ont engagés à envoyer les enfants régulièrement en classe [rayé : conformément à la loi].
La commission est d'avis que l'administration procure à la commune de Corny une institutrice assez énergique pour instruire les enfants conformément à la loi.

la morale par l'exemple, affiche de remise de prix, 1901, Estampes et Photographies, BnF Paris

La conclusion de cette affaire se lit quelques pages plus loin dans un compte rendu du conseil municipal réuni un an plus tard le 9 décembre 1923 avec cet épilogue au comportement bien peu professionnel de l'institutrice...
(...) A la même séance, M. le Maire donne connaissance au conseil d'une note de M. Sebire, huissier aux Andelys réclamant la somme de deux cent quarante cinq francs pour frais préparatoires et d'expulsion de Madame Gentes, ex institutrice des locaux scolaires.

lundi 23 septembre 2019

Merci !

Aux nombreux visiteurs du village et d'ailleurs, aux bénévoles qui ont assuré les ouvertures, aux musiciens talentueux qui ont donné la touche finale à cette 3eme participation de l'église de Corny aux Journées Européennes du Patrimoine.

Ensemble baroque Ma Non Troppo Nicolas Mackiowiak, Camille Rancière, Jean Guillaumont
Nicolas Mackowiak, clavecin, Camille Rancière, violon, et Jean Guillaumont, viole de gambe

54 visiteurs sont venus découvrir l'église et l'exposition de cartes postales et photographies anciennes du village samedi et dimanche, résistant à l'appel du soleil samedi et bravant les averses dimanche... Et près de 40 personnes ont assisté dimanche à 17h au concert baroque de l'ensemble "Ma Non Troppo". Les notes tantôt joyeuses, tantôt mélancoliques de Bach et de Couperin ont enchanté l'auditoire, sous l’œil ravi des angelots des retables qui entouraient les musiciens.

L'Art et le divertissement ont bel et bien conclu ces deux journées de rencontres et d'échanges autour de notre patrimoine.

mardi 17 septembre 2019

Journées Européennes du Patrimoine 2019

Visuel journees europeennes du patrimoine 2019

A l'occasion des Journées Européennes du Patrimoine 2019, l'AALEC a invité 5 autres villages à rejoindre Corny pour proposer samedi 21 et dimanche 22 septembre 2019 (voir tous les détails au bas de cet article) un vrai circuit de visites libres ou guidées dans un rayon de 10 km environ.

Vous pourrez ainsi decouvrir les 3 églises de la commune nouvelle de Frenelles en Vexin :

  • l'église de la Sainte Trinité de Corny,
  • l'église Saint-Martin de Fresne l'Archevêque,
  • et l'église Saint-Martin de Boisemont.
Par ailleurs, les villages d'Ecouis, Lisors et Mesnil-Verclives ont également répondu présent à l'appel:
  • la collégiale Notre-Dame de l'assomption d'Ecouis,
  • l'église Saint-Martin de Lisors,
  • l'église Saint-Martin de Verclives à Mesnil-Verclives.
visuel photos anciennes corny jep 2019
 Par ailleurs, l'AALEC organise sur les deux jours une exposition de photographies et cartes postales anciennes du village de Corny et du hameau de Saint-Jean de Frenelles. Certains de ces documents ont été prêtés par des habitants du village ; on découvrira ainsi deux vues très animées de la route nationale de Paris à Rouen, des vues des mares du village, du café-commerce de la place en 1950, des deux « châteaux », de la ferme de la Chaumière, de celle de l'actuel manoir de Corny, et bien-sûr de notre belle église

Enfin un concert baroque se tiendra en clôture des journées le dimanche 21 à 17h00 dans l'église de Corny. Les deux musiciens Nicolas Mackowiak, au clavecin  et Camille Rancière, au violon, membres de l'ensemble "Ma non troppo", interprèteront des sonates de Jean Sébastien Bach, en clôture des Journées Européennes du Patrimoine 2019, s'incrivant ainsi pleinement dans la thématique de cette année : "Arts et divertissements". 



Voici tous les détails des ouvertures, ainsi que la carte générale du parcours à télécharger :
carte des 6 églises à visiterM
Toutes ces ouvertures et animations sont organisées par des bénévoles,
et sont entièrement gratuites !


Nous vous attendons nombreux et nombreuses tout au long de ces journées !

lundi 2 septembre 2019

La libération de Corny

C'est le 29 août 1944 que le village de Corny fut libéré de l'occupation allemande.

Il est difficile d'imaginer aujourd'hui ce qu'ont pu être ces heures, qui suivaient sans doute des jours et des nuits de doute, de peur et d'espoir aussi, après le débarquement sur les côtes normandes, et les nombreux bombardements des alliés dans la région.

couverture livre libération 44 dans le Vexin NormandOn trouve quelques informations sur ces journées de l'Histoire de notre village dans un livre intitulé "Libération 44 dans le Vexin normand" de Jac Remise, qui relate l'avancée des troupes alliées dans la région et l'action des résistants dont le maire de l'époque Marcel Dubois, chef départemental du réseau de Résistance O.C.M. (Organisation Civile et Militaire) et du maquis de Corny, qui opérait dans les bois tout proches.  

On peut aussi aller visiter le musée tout proche de Tosny, crée et animé par M. et Mme Erisay. Ce musée privé offre une collection unique d'affiches, de costumes, d'armes et de toutes sortes de témoignages et objets de la seconde guerre mondiale. 

M. Erisay, à l'initiative de cette collection, a connu enfant le village de Corny pendant l'occupation, et ses souvenirs sont la meilleure évocation de ce passé. C'est ainsi qu'il raconte l'arrivée d'un char allemand venu se cacher sous les arbres du pâturage de la famille Sacavin devant l'école, pour ne pas se faire voir des avions alliés. Il continua brièvement sa course jusqu'à la ferme de la Heunière à Boisemont où il déchenilla. L'épave fut retirée des champs au début des années 60...

Char allemand abandonné dans des champs près de la ferme de la Heunière à Boisemont
Char allemand abandonné dans des champs près de la ferme de la Heunière à Boisemont

Les alliés sont entrés dans le village quelques jours plus tard, le 29 août 1944. C'est un blindé de reconnaissance de la 15ème division écossaise qui fit son entrée dans le village, arrivant par Muids et Fresne l'Archevêque, puis arrivant sur la place du village. Les premiers mots des soldats furent "Bochs, bochs, bochs ?...". Deux soldats écossais dans ce blindé devaient malheureusement mourir à quelques kilomètres de là, on trouve leur tombe dans le cimetière de Saussay la Campagne. Il s'agissait de Joseph Denis Roebuck, âgé de 20 ans, et de William Charles Young, âgé de 31 ans.

Blindé écossais arrivé à Corny le 29 août 1944
Blindé écossais arrivé à Corny le 29 août 1944


Tombes des deux soldats écossais au cimetière de Saussay-la-Campagne
Tombes des deux soldats écossais au cimetière de Saussay-la-Campagne


Les jours suivants, de nombreux véhicules traversèrent le village, sous les yeux émerveillés, on l'imagine, des enfants, dont M. Erizay que l'on voit ci-dessous sur un char américain stationné dans le village. C'est l'oncle de M. Erizay, Jean Gapoz, photographe amateur, qui a immortalisé de nombreuses scènes des ces journées qui ont marqué l'histoire.

Les enfants de Corny sur un char américain
Les enfants de Corny sur un char américain

Le Musée de la IIe guerre mondiale de M. Erizay à Tosny est encore ouvert pour la saison touristique jusqu'au dernier week-end de septembre ; après cela il faudra attendre début avril 2020... Vous trouverez toutes les informations pratiques sur le site Internet du musée : http://museellgmdetosny.free.fr/

V1 exposé dans le Musée de Tosny
V1 exposé dans le Musée de Tosny

Un grand merci à M. Erisay de nous avoir fourni les photographies anciennes présentes dans ce billet.

jeudi 11 juillet 2019

14 juillet à Corny

gravure ancienne des fêtes du 14 juillet 1880
© Centre historique des Archives nationales - Atelier de photographie

La célébration de la fête nationale le 14 juillet fut instituée par la loi Raspail du 6 juillet 1880, alors que la 3eme République avait quelques 10 années d'existence. A Corny, le Conseil Municipal fut réuni extraordinairement à la demande du Préfet :

L'an mil huit cent quatre-vingt, le jeudi 8 Juillet à 7 heures du soir, le conseil Municipal de la commune de Corny réuni extraordinairement au lieu ordinaire de ses séances en vertu d'une décision de M. le Préfet de l'Eure en date du 4 juillet dernier sous la Présidence et sur la convocation de de M. le Maire.
Etaient présents :
MM. Raban E. maire Masson F. Lachartre A. Lesueur J. Leclerc C. Guérin A. Cercelot F.
M. Lachartre a été désigné pour remplir les fonctions de secrétaire.
M. le Président fait connaître aux membres présents qu'il est appelé à adresser immédiatement à M. le Préfet de l'Eure la somme d'argent que la commune voudra bien voter en vue de célébrer à Corny la première fête nationale de la République Française.
Le conseil municipal, invité à délibérer, a été d'avis d'après les sacrifices que la commune s'impose, et considérant que ses ressources pécuniaires ne lui permettent de voter un crédit pour célébrer cette fête, a émis le vote de ne prendre aucune somme d'argent sur le budget de 1880.
Fait ét délibéré en séance le jour mois et ans su-dits.



deliberation de la commune de Corny sur la 1ere fete nationale le 14 juillet 1880


Etait-ce une situation économique particulièrement difficile après les crises des années 1870, une nostalgie pour l'ancien régime dont la proclamation de la 3e République avait sonné la fin définitive ?... Toujours est-il que l'année suivante, suite peut-être aux remontrances du Préfet, le ton de la délibération qui précède  le 14 juillet est tout différent :

L'an mil huit cent quatre-vingt-un, le dimanche 10 Juillet à 6 heures du matin, (...)
Afin de s'associer à l'élan patriotique et de contribuer à réhausser l'éclat de la fête nationale, le conseil considérant la pauvreté de quelques familles serait d'avis de voter du pain pour ces dernières.
Après délibération prise, il a décidé qu'une somme de 25 F serait consacrée à cette bonne oeuvre et qu'en outre une somme de 5 F serait prise pour pavoiser et illuminer la mairie.
Cette dite somme sera prise sur la vente des boues faite dans la commune.


50 ans plus tôt, le roi Louis-Philippe (qui aimait décidément faire la fête, voir l'article sur le 1er mai), avait tenté d'instaurer une fête nationale en juillet, pour commémorer la révolution de 1830 (27-29 juillet), qui l'avait mené au pouvoir, mais celle-ci ne fut célébrée qu'une fois en 1831, ce qui donna lieu à cette délibération à Corny :

Ce jourd'hui vingt huit juillet mil huit cent trente et un, (...)
Conformément à la circulaire de Mr le Préfet du 14 du présent mois relative à la célébration des fêtes de juillet, nous avons réunis notre conseil municipal à l'effet d'aviser aux moyens de célébrer dignement et suivant que la localité .... ces fêtes à jamais mémorables. Vu le peu de population de cette commune qui a jusqu'ici fait obstacle à l'organisation complète de la garde nationale, le conseil a délibéré néammoins qu'il était juste de manifester publiquement combien il est dévoué aux institutions actuelles dont le maintien seul écartera pour toujours il faut l'espérer le despotisme et l'anarchie, qui font le malheur des nations, qu'en mémoire de ces glorieux évènements qui ont rendu à la France la liberté dont elle jouira plus que jamais, il serait fait une distribution de 190 livres de pain aux indigents dans la proportion des besoins de chacun dont l'état est ci joint et que le desservant serait immédiatement invité de célébrer un service solennel en l'honneur des victoires de juillet et ce qui a été promis et exécuté à l'heure convenue entre nous, auquel service, nous, notre adjoint, les membres du conseil municipal et un grand nombre d'habitants ont assisté religieusement. La cérémonie terminée, qui a duré jusque près de midi, on s'est livré à différents jeux, puis chacun s'est retiré chez soi en faisant des voeux bien sincères pour la persévérance et la prospérité du gouvernement actuel.



jeudi 23 mai 2019

Concert à l'église de Corny



L'église de Corny a accueilli vendredi 7 juin le groupe de Jazz "les Whispers" qui a animé notre église d'un nouveau ryhtme, avec son quartet :

  • Contrebasse,
  • Saxophone/flûte/clarinette/piano
  • Batterie/percussion/trombone
  • Chant
Le public présent - une cinquantaine de mélomanes - a suivi le programme varié au fil des 4 saisons proposé par le groupe. Une belle soirée musicale !

photo concert the whispers Corny 27 juin

photo concert the whispers Corny 27 juin

mercredi 8 mai 2019

Assemblée générale de l'AALEC

L'assemblée générale ordinaire de  l'AALEC aura lieu le samedi 11 mai 2019 à 10h à l'église.
L'ordre du jour est le suivant :
  • Rapport moral de la présidente,
  • bilan d'activité 2018,
  • bilan financier 2018,
  • élection du tiers sortant du CA (Stéphanie Derongs et Hervé Grosdoit-Artur),
  • projets 2019,
  • budget prévisionnel 2019,
  • questions diverses et calendrier.
Que vous soyez membre ou non de l'Association, si nos activités vous intéressent, vous êtes les bienvenus pour participer à l'assemblée générale.

photographie de l'église de Corny 27 eure

dimanche 5 mai 2019

8 mai 1945


une du journal les nouvelles du matin du 8 mai 45

Retour au Monument aux morts de Corny, qui, on s'en félicite encore, ne compte aucun mort pour la deuxième guerre mondiale, alors que l'on s'apprête à célébrer le 74e anniversaire de la victoire des alliés contre l'Allemagne nazi. Pourtant on s'en doute, les 5 années de guerre et d'occupation ne furent, pour Corny comme pour aucun autre village français, une période heureuse...

Pendant la guerre, les rares mentions du village dans les éditions de l'Impartial des années 1940-44 témoignent de ces temps difficiles et portent principalement sur des faits divers comme le glanage de champs non moissonnés,

coupure de presse impartial Corny eure 1939-44

le vol de lait,

coupure de presse impartial Corny eure 1939-44

ou encore de pommes de terre, etc.
 
coupure de presse l'impartial vol de pommes de terre a corny 27 eure 1941

Il y va aussi des contraventions pour non-extinction des lumières la nuit, comme ici dans l'édition du 25 janvier 1941.  

coupure de presse l'impartial extinction lumieres corny 27 eure 1941

Le camouflage des lumières était une vraie obsession pour l'occupant, afin d'éviter les bombardements alliés, comme en témoignent ces avis diffusés dans l'Impartial en 1941 et 1942 : 

coupure de presse impartial Corny eure 1939-44coupure de presse impartial Corny eure 1939-44

Autre fait divers, plus tragique, qui raconte encore la dureté des temps, avec cette découverte du cadavre d'un inconnu mort de froid dans un champ couvert de neige en janvier 1941 : 

coupure de presse impartial Corny eure 1939-44
Le 1er janvier 1941, une tempête de neige avait en effet paralysé tout le pays, avec 14 cm de neige à Toulouse, 15 cm à Paris et jusqu’à 40 cm à Moulins et Vichy - cette neige tient au sol jusqu’aux environs du 20 janvier (source).

On pense aussi bien sûr aux innombrables réquisitions des occupants ;
  • celle rapportée par un habitant et futur maire du village Jacques Dubois (qui avait 20 ans en 1945), dans l'ouvrage "Libération 44 dans le Vexin normand" :
    « Ces hommes n'avaient pas l'air de plaisanter quand ils nous mirent, ma mère et moi, en joue, le dos au mur, en armant leurs fusils pour bien nous faire comprendre qu'ils n'hésiteraient pas à tirer si nous ne leur donnions pas ce qu'ils voulaient. A ce moment, je réalisai très vite qu'il serait stupide de mourrir pour deux vélos. C'est ainsi que j'accédai à leur demande. »
  • ou encore celles dont témoignent les demandes de dédommagement après-guerre conservées à la Mairie de Corny comme celle-ci :

requsition cheval 1944 corny eure 27

Enfin on trouve aussi, dans les archives de la mairie, plus émouvant encore, trois feuillets concernant l'aide médicale temporaire accordée à trois prisonniers de guerre rapatriés en mai et juin 1945 après 5 années passées dans des camps de prisonniers allemands. Ces documents concernent Roger Marcel Dumouchel, Léon Marcel Besson et Auguste Chouquet, tous trois résidant à Corny au moment de leur incorporation en septembre 1939.

prisonnier de guerre 1945 corny 27 eure

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