Cette carte postale du château de Corny est assez commune et on en trouve régulièrement en vente sur les sites internet de collectionneurs. Celle-ci n'a pas fait exception, et si son état n'est pas excellent, la correspondance au dos nous permet d'évoquer un habitant de Corny. Il s'agit de Lucien de Beaumont, homme de lettres, qui habita le château de Corny de 1904 à 1908 (voir cet article). La carte est une correspondance de l'un des fils de Lucien de Beaumont, Gaston Jacques (il signe Jack au bas de la carte), qu'il adresse à son père le 28 novembre 1918 depuis... Quimper, et non Corny comme on aurait pu le penser.
En fait cette carte a été envoyée 6 ans après le départ de la famille de Beaumont de leur résidence secondaire euroise. On peut supposer qu'à l'époque où ils habitaient le château, ils avaient acheté plusieurs exemplaires de cette carte montrant leur propriété. Cette famille vit en effet principalement à Paris, où Lucien Saint-Paul, né le 19 octobre 1844, qui se fera appeler plus tard Lucien de Beaumont puis Lucien Saint-Paul de Beaumont, écrit dans plusieurs grands quotidiens (Le Figaro, Le Gaulois) des chroniques principalement scientifiques, parfois sous le pseudonyme de L'Académicien d'Etampes. En 1888, il devient père pour la première fois de son fils Jean puis, en 1889, de Gaston Jacques, tous deux nés de son union avec Anne Louise Courdurier, union qu'ils n'officialiseront à la mairie du XVIIIe arrondissement de Paris qu'en 1922.
On ignore pourquoi Gaston Jacques de Beaumont écrit à son père de Quimper alors qu'il a, d'après des documents militaires conservés aux Archives de Paris, rejoint son régiment début août 1914 au 27e régiment de dragons.
Pendant la 2nde guerre mondiale et l'occupation du pays par l'Allemagne nazie, il est résistant civil actif au sein du Comité de Libération de son département, qu'on imagine être la Seine, à moins qu'il ne s'agisse du Lot où il est finalement arrêté le 12 mai 1944. Il part de la Gare de l'Est à Paris pour le camp de concentration de Dachau le 18 juin 1944, alors que les alliés ont déjà débarqué. Il y arrive le 20 juin 1944, est transféré au camp de Flossenbürg le 20 juillet 1944. Après un examen médical par un médecin SS, il est affecté au Kommando d’Hersbruck, dépendant de Flossenbürg le 25 juillet. Il y décède le 12 octobre 1944.


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