Participez à la restauration de l'église de Corny !

Rendez-vous sur https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/eglise-de-corny pour participer à la restauration de l'église de Corny, en partenariat avec la Fondation du Patrimoine.

vendredi 8 mai 2020

Corny, un village pendant l'occupation

Dépôt de gerbe monument au mort corny frenelles en vexin 20 mai 2020

Alors qu'une cérémonie restreinte s'est tenue vendredi 8 mai à 10h30 devant le monument au mort de Corny, nous vous présentons comme promis, l'exposition sur le village de Corny pendant la IIe guerre mondiale. Elle comporte six volets en tout qui suivent au bas de cet article.

Le premier volet porte sur la guerre de septembre 1939 a juin 1940.

Le deuxième volet porte lui sur le rationnement pendant l'occupation.


Voici le troisième volet de l'exposition, qui concerne les réquisitions.


Voici le quatrième volet de l'exposition, qui concerne la police pendant l'occupation.


Voici le cinquième volet de l'exposition qui porte sur la libération du village, le 29 août 1944.

Et voici pour finir le sixième et dernier volet qui porte sur la presse locale pendant la guerre et l'occupation.

Nous vous souhaitons une bonne consultation de cette exposition, qui restera disponible sans limite de temps, et qui n'est qu'un aperçu de celle que nous espérons organiser rapidement, dès que la situation sanitaire nous le permettra !

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mercredi 6 mai 2020

Rendez-vous ici le 8 mai 2020 !

drapeaux français

Une exposition en ligne sur le village de Corny pendant la IIe guerre mondiale

L’Association pour l’Animation de L’Eglise de Corny (AALEC) avait prévu, pour commémorer le 75eme anniversaire de l’armistice de 1945, d’organiser une exposition sur le quotidien du village de Corny pendant la seconde guerre mondiale, de 1939 à 1945. L’idée était en particulier d’exposer les nombreuses affiches et avis de cette époque qui se trouvent dans les archives de la mairie du village. Ainsi après la cérémonie officelle du 8 mai, une visite de l’expostion aurait été organisé dans l’église, puis dans la mairie pendant le week-end.

Le 16 mars 2020, le confinement a été annoncé, qui a mis un coup d’arrêt à ce projet. L’église reste fermée au public jusqu’à nouvel ordre, les rassemblements interdits, et toute idée d’exposition est oubliée.

Si l’exposition prévue n’aura effectivement pas lieu le 8 mai 2020, elle n’est que reportée, et l’association compte bien la mettre en place dès que la situation sanitaire le permettra, le 29 août par exemple à l’occasion de l’anniversaire de la libération du village, ou bien lors des Journées Européennes du patrimoine par exemple. Et en attendant, L’AALEC propose de découvrir, depuis chez soi, une autre exposition, virtuelle celle-là, en parcourant des documents de plus petit format – lettres, cartes, formulaires, coupures de presse, etc. – tout aussi évocateurs du passé de notre village.

L’exposition virtuelle, intitulée « Un village sous l’occupation », compte 6 grands thèmes :
  1. Un village pendant la guerre – septembre 1939 à juin 1940
  2. Un village rationné
  3. Un village réquisitionné
  4. Un village surveillé
  5. Un village libéré
  6. Dans la presse
Le premier volet sera publié le 8 mai 2020 ici même, puis les 5 autres volets les 5 jours suivants ; ils resteront consultables ensuite sans limite dans le temps.

lundi 9 mars 2020

La Mairie de Corny

Ces élections municipales sont des élections un peu particulières. A leur issue, la mairie du village de Corny cessera d'en être une à part entière, et deviendra l'une des 3 mairies de la commune nouvelle de Frenelle en Vexin. Après 175 ans de bons et loyaux services ce bâtiment va s'engager dans une nouvelle histoire...

photo mairie de Corny Eure 27

C'est l'occasion pour nous de revenir sur ces 175 ans d'existence. Les mairies telles que nous les connaissons dans nos villages sont une émanation des communes, collectivité créée par la révolution. Abolissant l'ancien régime et la possession de villages par tel seigneur ou tel institution religieuse (Corny était avant la révolution pour une part possession du Prieuré Saint Louis de Poissy et pour l'autre possession de l'Archevêque de Rouen), la commune permet la gestion des intérêts de la collectivité par ses citoyens. Il faut pour assurer cette gestion un lieu, une "maison commune", et c'est ainsi que des mairies apparaissent peu à peu dans les villages. A Corny, il semble que ce soit le presbytère, dont la 1ere fonction fut abolie, pour servir de maison commune, abritant une salle de classe et une salle de Mairie ; on ne sait pas où le curé de Corny dut alors se loger... L'église ne fut pas transformé en "temple de la raison" comme dans certaines villes, et ne servit apparemment pas à ces offices laïcs et citoyens.

document construction mairie 1844 Corny Eure 27

Au début des années 1840, après 10 années de stabilité relative avec la monarchie de Louis-Philippe, la population du village est d'environ 200 individus, et la salle de classe est trop exigüe ; on ne dispose pas qui plus est d'un logement décent pour l'instituteur. On décide alors d'acheter une nouvelle maison pour y abriter un nouveau presbytère (voir cet article), de transformer l'actuelle école en maison de l'instituteur, et de construire en mitoyenneté une nouvelle et confortable salle de classe, doublée d'une salle de mairie au 1er étage. Les plans sont dressés, le projet voté en conseil municipal en mai 1844 et approuvé par le Préfet de l'Eure.


plan construction mairie 1844 Corny Eure 27

projet construction mairie 1844 Corny Eure 27

Et c'est ainsi qu'est née l'actuelle mairie de Corny ! En allant voter ces prochains dimanches, ayons une petite pensée pour les nombreux scrutins qui s'y sont tenus ces presque 2 siècles passés...

carte postale ancienne mairie de Corny Eure 27

mercredi 19 février 2020

Où est le presbytère de Corny ?...

corny eure 27 le presbytèreC'est une bien longue histoire... Au commencement, disons au XVIIIe siècle, la maison qui se trouve accolée à l'actuelle mairie, mitoyenne du chœur de l'église et du cimetière a fait office de presbytère, avant d'être convertie, sans doute à la révolution, en école et maison de l'instituteur (et souvent de l'institutrice). On trouve encore dans le mur mitoyen du cimetière la trace d'un portail aujourd'hui muré qui reliait les deux parcelles.


photo mur cimetiere corny eure 27

Il faut attendre 1844 pour que la commune de Corny achète à M. Pierre Amable Rodolphe Conard le terrain comprenant un jardin potager, un jardin anglais, une cour et un enclos, avec une maison comprenant une chambre, une salle à manger, une cuisine, un salon, deux mansardes et une cave, ainsi que de nombreuses dépendances, juste en face de l'église et de la mare.

photo mur ancien presbytère corny eure 27

Aujourd'hui, on en aperçoit toujours un reste de mur en brique et en silex, qui fut probablement construit à la fin des année 1850 ; on aperçoit les deux piliers de la grande entrée et un petit portail muré. Un plan du XVIIIe siècle conservé aux Archives départementales de l'Eure permet de situer précisément le terrain du 1er presbytère à coté de l'église, et celui de la propriété de M. Conard, juste en face :
plan XVIIIe siècle Corny Eure 27
Entre 1860 et 1890, le presbytère fait l'objet de très nombreuses délibérations du conseil municipal... Avant la séparation de l'Eglise et de l'Etat par la loi de 1905, si les édifices religieux appartenaient aux clergés, il revenait aux communes d'assurer et d'entretenir le logement du curé ou du desservant ; le presbytère de Corny n'y faisait pas exception. Toutefois, des relations compliquées avec l'évêché d'Evreux, auquel Corny fut rattaché après la révolution, furent à l'origine, en cette fin du XIXe siècle, de nombreuses hésitations, décisions et contre-décisions quant au devenir du presbytère.
Ainsi en 1877, le Conseil Municipal envisage de « supprimer la partie Est du Presbytère pour conserver celle des pièces qui est située sur la cave, ainsi qu'une partie de celles y attenant, destinées, l'une à servir de salle à manger et de chambre et l'autre de cuisine. »

En 1878, le Conseil Municipal propose cette fois de détruire entièrement le vieux presbytère, alors en très mauvais état, pour reconstruire un local plus modeste mais permettant ainsi au desservant de la commune de disposer d'une chambre à coucher :
« L'an mil huit cent soixante dix-huit, le Dimanche onze Août à midi, (...)
M. L'adjoint expose au conseil qu'il a à statuer sur une requête du desservant et une délibération du Conseil de Fabrique ayant pour objet d'obtenir de l'administration l'autorisation de démolir le presbytère dont le délabrement nécessiterait de grands frais de réparation, d'en vendre les matériaux dont le prix servirait à subvenir aux frais de construction d'un local au service de chambre à coucher pour l'usage du desservant.
»

Les devis sont demandés, les plans dressés, et les archives de la Mairie de Corny conserve encore ce projet de reconstruction :

plan projet prespytère 1878 Corny eure 27
plan projet prespytère 1878 Corny eure 27
Archives de la Mairie de Corny

Quatre ans plus tard, voilà qu'il n'en est plus question... Dans une délibération votée le 5 mars 1882, le conseil municipal ne parle plus de construire un nouveau presbytère, mais seulement de détruire l'actuelle maison en ruine, et de reprendre possession et jouissance de la propriété au bénéfice de la commune. 
« L'an mil huit cent quatre vingt deux le cinquième jour du mois de mars, à onze heures du matin, (...)
M. le Maire expose au conseil municipal que la commune de Corny est privée d'un prêtre depuis douze années. Depuis cette époque, la commune est desservie et depuis que le presbytère n'est plus habité, il est dans un état de délabrement auquel il n'est pas possible de pouvoir le conserver plus longtemps dans cet état.
Considérant d'autre part que la commune est si mal desservie, que d'un autre côté il ne vient dans la commune qu'une fois par hasard, il demande au conseil municipal de prendre possession du presbytère.
Le conseil, appelé à délibérer
vu d'une part l'état dans lequel il se trouve, considérant que la commune n'est pas desservie puisque le desservant ne vient célébrer les offices dans cette commune que quelquefois en trois mois.
Estime qu'il y a lieu de ne pas laisser cette propriété plus longtemps à la possession du desservant et qu'il est urgent de demander à l'autorité de rentrer en possession du presbytère.
Par sept voix contre une la présente demande est adoptée.
»

La délibération est envoyée au Préfet, qui en informe l'évêché, qui répond au Préfet, qui fait suivre au maire...
« L'an mil huit cent quatre vingt deux le 21 mai à 7 heures du matin, (...)
M. le Maire donne lecture au conseil municipal d'une lettre de Mgr l’Évêque d’Évreux, adressée à M. Le Préfet en réponse à une délibération du Conseil Municipal de Corny, lequel demandait à rentrer en possession du presbytère.
Après cette lecture, le conseil entre en délibération et émet ce qui suit :
Le domaine presbytéral se compose d'une maison d'un jardin et d'un verger. La maison n'est pas habitable, et il est reconnu qu'aucune réparation ne peut être faite à cette habitation, mieux vaudrait une construction.
Mais, après les considérations qui seront relevées plus bas, la commune n'attend pas faire aucun frais au presbytère actuel, en vue de fournir un logement au desservant. Et pourquoi ?
Malgré toute l'exactitude que l'autorité diocésaine se plaît à reconnaître dans le desservant, il est un fait qu'il est impossible de nier, et que le conseil aujourd'hui ne peut qu'affirmer de nouveau, c'est que le prêtre ne remplit pas ses fonctions avec la régularité qu'on lui attribue. Un exemple du reste, confirmera ce que la municipalité affirme. Pendant cinq mois l'année dernière, du mois de juillet à la fin de novembre, la paroisse de Corny a été déshéritée de tout office. La loi n'exige pas du desservant de célébrer la messe le dimanche, mais elle l'oblige de venir au moins une fois la semaine remplir les fonctions de leur Saint ministère. A ce point de vue, le conseil affirme encore que pendant ces cinq mois, le desservant n'est pas venu une seule fois pendant la semaine.
La municipalité, considérant toutes ces choses, n'est donc pas favorable au projet de Mgr l’Évêque d’Évreux, qui voudrait que l'assemblée fabricienne de Corny, prit des mesures en vue de rendre possible la jouissance du presbytère.
»

La délibération continue avec une proposition d'utiliser la maison de l'instituteur, qui occupe l'ancien presbytère, comme nouveau presbytère, et de construire, sur le terrain de l'actuel presbytère en ruine, une nouvelle maison - école permettant d'accueillir les enfants du village dans de meilleures conditions.

Il n'en sera finalement rien et, enfin (!), en novembre 1884, le Préfet de l'Eure donne raison au Conseil Municipal de Corny, qui peut disposer librement du presbytère en ruine et de son terrain. Le Conseil municipal, « pour que le prêtre ne soit privé d'une ressource qui lui est due, vote en compensation une indemnité annuelle de cent francs à titre d'indemnité de logement. »

Le presbytère sera finalement vendu en 1907 à un habitant du village, M. Engelbert Alexandre Cercelot, avec, comme le plan dressé pour la vente et conservé aux Archives départementales de l'Eure le montre, de nombreux bâtiments... en ruines.

plan ancien presbytère 1907 Corny Eure 27
Archives de la Mairie de Corny

dimanche 2 février 2020

La sacristie disparue...

En 1859, d'importants travaux sont nécessaires dans l'église : à une époque indéterminée, on a en effet supprimé une poutre de soutien au milieu du chœur, dans l'intention louable d'améliorer la visibilité du retable principal. Intention louable mais fatale à la structure de l'ensemble du Choeur, dont la construction date du XVIIe siècle, et qui s'en trouve grandement fragilisé. On décide alors de construire deux contrefort pour compenser le manque de la poutre disparue.


A cette époque, et depuis 15 ans déjà, le presbytère se trouve de l'autre côté de la rue principale de Corny, face à la mare. Alors qu'avant il se trouvait en mitoyenneté du cimetière, le curé pouvant aller célébrer son office en quelques pas seulement, la distance entre le nouveau presbytère et l'église ont peut-être inspiré le Conseil municipal à envisager la construction d'une sacristie, accolée au chœur. Le plan ci-dessous montre les travaux effectués tel qu'ils furent validés par le Conseil municipal et le maire de l'époque M. Joseph Leroy en1865.


Aujourd'hui, plus de sacristie, mais de nombreux villageois se souviennent encore de cette petite addition tout en brique qui, il est vrai, n'était pas vraiment en harmonie avec la forme d'origine de l'église comme on le voit sur cette carte du début du siècle.




Elle fut finalement détruite dans les années 1990, et si elle a clairement laissée sa marque sur le mur extérieur, l'église a ainsi retrouvé son plan naturel.

jeudi 23 janvier 2020

Corny sur les cartes géographiques anciennes


Gallica, la bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France donne accès à une vaste sélection de documents anciens numérisés qui sont ainsi mis à disposition du plus grand nombre. On y trouve notamment des cartes géographiques anciennes, et l'on retrouve ainsi mention de notre village Corny. Voici une présentation chronologique de quelques unes de ces cartes avec le lien sur chaque vignette pour aller la consulter sur Gallica :

La carte généralle du pays de Normandie (c) BnFLa "carte généralle du pays de Normandie", par Jan Jolivet, 1545

On peut noter sur cette carte des orthographes très différentes de celles d'aujourd'hui, comme Fraisne (Fresne l'Archevêque), Verquelive (Verclives), etc.
Carte du Vexin, Beauvoisis et Hurepoix par Pierre Bertius, 1634 - (c) BnFLa "Carte du Vexin, Beauvoisis et Hurepoix" par Pierre Bertius, 1634

Là encore, on trouve des orthographes bien différentes de celles auxquelles nous sommes habitués aujourd'hui, ainsi que des positionnements un peu approximatifs d'un point de vue géographique...


Région comprise entre la forêt de Bray Beaumont-sur-Oise l'Oise et la Seine jusqu'à Château-Gaillard et la forêt de Lyons 1600-1699 - détail - (c) BnF
Carte de la "Région comprise entre la forêt de Bray Beaumont-sur-Oise l'Oise et la Seine jusqu'à Château-Gaillard et la forêt de Lyons" 16??





Carte particulière du diocèse de Rouen dressée sur les lieux (c) BnF
"Carte particulière du diocèse de Rouen dressée sur les lieux" par M. Fremont de Dieppe, 1715






"Carte générale de la France. [Rouen]. N°25. Feuille 8e", établie sous la direction de César-François Cassini de Thury entre 1756 - 1815
Il faut attendre le milieu du XVIIIe siècle avec la famille de cartographes Cassini pour découvrir une carte géographique beaucoup plus précise, que cette famille mettra plus de 50 ans à réaliser, de 1756 à 1815. On y découvre une orthographe surprenante de notre village, Corgny...

Carte générale de la France. [Rouen]. N°25. Feuille 8e / [établie sous la direction de César-François Cassini de Thury] 1756 - 1815 (c) BnF

dimanche 15 décembre 2019

Concert de Noël


Comme l'an dernier, le concert de Noël a réuni plus de 80 personnes pour une belle soirée musicale où l'ambiance a été à la joie et à la fête grâce aux chants de Gospel et de Noël interprétés, avec beaucoup d'enthousiasme, de chaleur communicative, et de talent, par les 5 chanteurs et chanteuses, assistés de leur non moins talentueux pianiste.

Un gand merci à eux, et à tous ceux et toutes celles qui ont poussé la porte de notre église pour participer à cette célébration festive de Noël !

Toute l'équipe de l'AALEC vous souhaite de très belles fêtes de fin d'année !

concert gospel eglise corny 27 eure noël

concert gospel eglise corny 27 eure noël

mercredi 4 décembre 2019

Rencontre avec des cornilens en 1910...

C'est encore grâce à l'exposition de cartes postales et photographies anciennes du village lors des Journées Européennes du Patrimoine les 21 et 22 septembre que certaines cartes postales pionnières, celles des années 1900 réalisées par le photographe et éditeur A Lavergne de Vernon, ont révélé leur secret...

La collection de Mme Marie-Thérèse Basset, dont Monsieur J. M. Basset a transmis des scans pour l'exposition, a permis un réel voyage dans le temps, grâce aux noms conservés par écrit des personnes photographiées. Sur une carte montrant la cour de la ferme du manoir de Corny, on trouve tout d'abord des noms sous chaque personnage :

carte postale ancienne intérieur de ferme Corny Eure

On découvre ainsi un certain "Duhamel", le 1er personnage en partant de la droite. Il doit s'agir de François Duhamel, que l'on retrouve dans les registres de la Mairie de Corny où il officiait comme 1er adjoint au maire en 1904 et les années suivantes (il est encore conseiller municipal en 1916) auprès du maire M. Defontenay.

carte postale ancienne intérieur de ferme Corny Eure détail

Suit un M. Denesle : d'après la photo, il pourrait s'agir de M. Louis Charles Edmond Denesle, né à Heuqueville en 1851 et qui, après s'être marié et avoir vécu à Boisemont, résidait à Corny dès 1877, année où naquit son troisième enfant Mary Denesle.

On voit ensuite un jeune homme avec un chien à ses pieds denommé Masset. Il pourrait ici s'agir de M. Mathurin Théodule Masset, né le 29 octobre 1878, journalier et domestique agricole.

Les deux personnes suivantes sont difficilement identifiables ; une femme, Juliette, dont le nom de famille n'est pas précisé, et un enfant "Maline", dont nous ne trouvons aucune trace dans les registres de la Mairie.

 carte postale ancienne intérieur de ferme Corny Eure détail

Le dernier nom de Scoté fait sans doute référence à Louis Joseph Scoté, dont le nom apparaît une première fois dans les registres municipaux le 21 juillet 1905, lorsqu'il déclare à l'officier d'état civil de la Mairie de Corny son enfant Maurice Georges, "fils de Scoté Louis Joseph, âgé de vingt-sept ans, ouvrier agricole, et de Boitel Georgette Adrienne, âgée de vingt cinq ans(...), qui était l'institutrice du village (recensement 1906)."

carte postale ancienne place du village Corny Eure

M. Basset nous a également transmis un scan d'un morceau de papier avec là encore quelques noms reportés par Mme Marie-Thérèse Basset et qui font référence à la carte postale montrant quelques personnages sur la place du village.


Le papier mentionne tout d'abord "Duhamel" que nous pouvons reconnaître de la carte précédente à sa corpulence et sa moustache.

carte postale ancienne place du village Corny Eure détail

Suit un mot qui peut-être se rapporte au nom suivant, qui serait celui du "jeune" garçon sur la carte, un certain Edmond Presle, qui est le fils de Jules et Amélie Prelle, qui tenaient l'épicerie et café près de la marre devant l'église du village. Né à Paris en 1902, sa famille est arrivée depuis peu dans le village et il doit être âgé ici de 8 ou 9 ans.

Vient ensuite la mention de 3 filles Plaisant ; il doit s'agir de Madeleine, Fernande et Thérèse Plaisant, nées respectivement les 16 janvier 1902, 11 juillet 1903 et 14 mai 1905. Elles étaient les filles de Maximin Plaisant, bourrelier et de Marie Plaisant, née Enne.

On trouve aussi le nom de Plaisant Roland, jeune frère des 3 filles Plaisant, qui était né le 22 avril 1907.

Le papier mentionne aussi un "bourrelier (Chouquet)", nom que l'on retrouve dans les registres de la Mairie en 1939 parmi ceux des soldats mobilisés puis en 1941 parmi cette fois les prisonniers de guerre en Allemagne. Il s'agit peut-être d'un ouvrier travaillant avec Maximin Plaisant, qui exerçait à Corny cette même profession (travail du cuir pour la confection des harnais des chevaux).

carte postale ancienne place du village Corny Eure détail

Enfin, le dernier mot peut faire référence à la mare, puisqu'il y en avait une à l'époque sur la place du village, ou bien à la femme auprès de laquelle se tient le petit Roland Plaisant et qui pourrait être sa mère, Marie Plaisant...

Ces quelques noms griffonnés sur un morceau de papier sont un lien exceptionnel avec ces personnages qui sans cela, nous seraient totalement inconnus. Nous pouvons qui plus est dater assez précisément désormais la prise de vue de cette carte postale, qui remonterait d'après l'âge des enfants à l'année 1909 ou 1910.

Un grand merci donc à Mme Marie-Thérèse Basset, pour cette précaution contre l'oubli des années qui passent. Le journal l'Impartial avait d'ailleurs salué cette historienne amateur dans un article du 12 novembre 2008, dans lequel le journaliste la qualifiait de "Mémoire du village"...

lundi 25 novembre 2019

Corny en cartes postales anciennes (suite)

L'exposition de cartes postales et photographies anciennes du village lors des Journées Européennes du Patrimoine les 21 et 22 septembre derniers aura été l'occasion de découvrir de nouvelles cartes postales anciennes, après celles déjà présentées dans un précédant article.

Nous avons pu compléter l'édition plus tardive que j'avais datée dans ce même article des années 50 mais qui semble plutôt remonter aux années 1930. Il s'agit de cartes colorisées de l'éditeur R. Caron, 68 rue de la Condamine à Paris, dont on trouve d'autres cartes de villages de l'Eure et du Val d'Oise (Seine et Oise à l'époque). Nous avons ainsi présenté lors de l'exposition une très belle carte de la grande ferme du Manoir de Corny, qui provenait de la collection de Mme Letellier, ainsi qu'une carte du quartier de la Forge à Saint-Jean de Frenelles.




Parmi les cartes les plus récentes, nous avons exposé deux cartes des années 1960 de l'éditeur - photographe Marcel Guilbaut. Les cartes représentent respectivement la mairie et l'église. La photographie, sur contour dentelé, est collé sur un support plié rose, ou apparaît dans une police de caractère d'époque le nom du village. Cet éditeur, situé à Lambersart dans le département du Nord, a semble-t-il parcouru certaines régions du nord de la France, et réalisé des cartes toutes sur ce même format. Une de ses spécialité etait de prendre un personnage, sa compagne ou des habitants du lieu, près du panneau d'entrée des villages. Ainsi, il existe peut-être une telle carte postale pour notre village ?...




Nous avons également exposé cette belle carte de notre église, qui montre une belle animation avec plusieurs personnages qui ont posé devant le photographe A. Lavergne de Vernon. Cette carte a été donnée par M. et Mme Erisay, que nous remercions ici. 

jeudi 7 novembre 2019

Hommage à Gaston Prelle

Parmi les documents conservés dans les archives de la mairie de Corny, se trouvent deux notes manuscrites concernant un soldat de la guerre 14-18 : Gaston Prelle. Le premier papier a sans doute été punaisé sur un tableau d'affichage, comme en témoignent les trous à chaque angle de la feuille et les couleurs un peu passées : 

Il s'agit de deux citations de ce soldat qui, bien que n'étant pas natif du village, y résidait au moment de son incorporation. 

Citation du soldat Gaston Prelle 1914-1918 Corny EureCitation à l'ordre de la 88e division n° 69 du 17 octobre 1915
Prelle Gaston affecté sur sa demande à une batterie de tranchée et proposé les 25 et 26 septembre 1915 au transport des munitions à travers les boyaux a par son énergique initiative et son ascendant sur ses camarades fortement contribué à assurer le ravitaillement de sa batterie sous un bombardement violent et prolongé.
Comptait antérieurement une blessure de guerre.

Citation à l'ordre du régiment n°28 du 8 novembre 1917
Prelle Gaston téléphoniste courageux et plein d'entrain donnant chaque jour de nouvelles preuves de ses qualités militaires s'est encore distingué pendant les opérations des 23 et 26 octobre 1917.

En octobre 1915, la guerre de position a démarré, et c'est l'organisation des tranchées qui fait l'actualité de cette année de guerre où les deux lignes de front se font face et évoluent bien peu. C'est semble-t-il dans cette nouvelle organisation de ravitaillement des tranchées que le jeune soldat (il a tout juste 22 ans) s'est illustré. Les opérations du 23 et 26 octobre 1917 font elles sans doute référence aux violents combats autour du Fort de Malmaison, sur le Chemin des Dames, dans l'Aisne.

Un deuxième document fait état d'une troisième citation : 

Citation du soldat Gaston Prelle 1914-1918 Corny Eure
Extrait de l'ordre n°109, 20e corps, 39D

28 juillet 1918

Brigadier téléphoniste modèle de bravoure et d'un dévouement sans borne, s'est dépensé sans compter pour assurer la liaison entre la batterie et le groupe pendant un violent bombardement et pour organiser son service dans des conditions particulièrement délicates et malgré de très nombreuses ruptures de lignes.

Cette troisième citation fait peut-être référence aux combats qui virent l'armée française repousser les allemands au nord de la Marne : le 20e corps d'armée était en effet positionné aux environs de Vierzy dans l'Aisne entre le 18 juillet et le mois de septembre 1918.

La famille Prelle était originaire de Paris, où Gaston était né le 12 octobre 1893. On trouve mention des parents de Gaston, Jules et Amélie Prelle, sur les recensements de Corny de 1911, 1921 et 1926 et sur les registres de contributions foncières des années 1915 à 1932 ; ils tenaient un café - épicerie dans le village, situé dans la maison qui propose aujourd'hui un hébergement "Gîte de France", rue du Pâtis.

Sur la fiche militaire de Gaston Prelle, il est indiqué que celui-ci résidait à Corny au moment de son incorporation, le 2 août 1914 et de sa libération, le 2 septembre 1919. Gaston Prelle était garçon boucher puis aide-tuyauteur. Il repartit vivre à Paris dès 1921. La dernière mention sur sa fiche militaire fait état de sa réintégration à sa subdivision le 14 septembre 1944 ; il avait alors 51 ans. Gaston Prelle épouse Marthe Brancourt à Paris en 1931, il décède le 21 février 1966 aux Andelys.

carte postale ancienne la vie au front (c) inconnu

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